CONJONCTURE

Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort !

L’Officiel de la Franchise
N°191 – Mai 2019

CONJONCTURE - Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort !

Le monde de la franchise peut se prévaloir de défendre un modèle de création d’entreprise relativement sécurisé. La garantie de succès n’est pas systématique, mais le principe est bien de réitérer des facteurs clés qui ont assuré le succès des unités de la tête de réseau et celui de ses partenaires. Il est donc rare, mais pour autant possible que des réseaux mordent la poussière et avec eux les partenaires et franchisés qui se sont adossés à ces réseaux malheureux.

La loi est assez bien faite puisqu’elle demande à la tête de réseau qui, si elle dépend bien des dispositions de la loi Doubin (art L330-3 du Code de Commerce et son décret d’application R330-1), d’informer dans le cadre du DIP (Document d’Information Précontractuel) les candidats sur sa situation financière d’une part et sur l’état des sorties des unités du réseau depuis les 12 derniers mois. Cette période peut paraître un peu courte, mais elle instaure bien l’idée finalement qu’un réseau et ses partenaires peuvent connaître une mauvaise passe, mais pour autant que cette mauvaise passe ne mérite pas forcément d’être affichée sur une durée si longue qu’elle porterait ombrage aux efforts de l’enseigne pour avoir corrigé ses erreurs.

Apprendre de ses erreurs

Parce qu’il s’agit bien ici d’apprécier si le réseau auquel vous vous intéresseriez en tant que candidat est bel et bien sorti de ces épreuves et s’il en est sorti grandi, comme ayant appris de ses propres tourments.

Pour ma part, j’ai une certaine affection et sollicitude pour les dirigeants de réseaux qui ont connu une crise liée à la conjoncture économique, une crise liée à une modification imprévue et excessivement rapide de leur concurrence, une crise liée à des conditions d’achats des matières premières qui transforment radicalement le modèle économique, voire une crise liée à leur “jeunesse ou inexpérience” dans le métier de franchiseur.

Je pense même que le droit à l’oubli est salutaire et devrait être statutaire ! (tant que les leçons ont été tirées de ses propres erreurs et de ces situations). Je pense qu’il y a pour les candidats franchisés attentifs et visionnaires, une opportunité à saisir en allant à la rencontre des réseaux qui se relèvent d’une mauvaise passe. Certains réseaux ont marqué le pas pour avoir grossi trop vite, d’autres pour avoir trop cru en leur bonne étoile, d’autres par excès de naïveté. Pourtant ils avaient été leaders et/ou pionniers dans leur business.

Miser sur la nostalgie

Le franchiseur qui aura traversé ces tempêtes aura souvent corrigé ses erreurs, ne pourra plus se prévaloir de sa position dominante et de fait adoptera avec ses partenaires une attitude plus ouverte, plus collaborative, plus bienveillante. Les droits d’entrée, les royalties, les obligations contractuelles auront été réduites. Il leur faut plaire à nouveau et conquérir leur public avec d’autres armes, moins prétentieuses et bien plus pragmatiques. J’invite les candidats franchisés à participer à la rédemption de certaines belles enseignes, disposant d’un beau savoir-faire, ayant bien repris les fondamentaux de la franchise. Ils peuvent être les instruments d’un renouveau pour un réseau et donc du succès de leur propre activité sous cette enseigne. Le public, les consommateurs gardent souvent un souvenir positif et nostalgique des ces enseignes qui se sont petit à petit éteintes. Ce public est assez facile à reconquérir et la nostalgie des bons moments passés contribueront à eux seuls à la constitution d’un story-telling bien ancré dans leur mémoire.

Laurent KRUCH
Président et fondateur de Territoires & Marketing